La randonnée commence depuis un point de vue fantastique au sommet d’un rocher géant entouré de toutes parts par la forêt d’arganiers. Vous contemplerez le lit de la rivière recouvert d’herbes, d’arbustes, de jardins en terrasses et de quelques petites oasis de palmeraies disséminées çà et là. Nous laissons suffisamment de temps aux sens pour apprécier cette sympathique nature entre une vallée qui traverse des dunes de sable et des collines. Elle se termine par une petite cascade dont les eaux s’écoulent modestement vers le rivage.
Nos pas suivent les sentiers tracés par d’autres qui ont déjà emprunté cette voie, vers l’océan, pour découvrir de magnifiques falaises et des plages de sable fin ou parfois rocheuses, sculptées par de forts courants. Nous emprunterons ensuite l’ancienne route du sel, par laquelle la région approvisionnait autrefois les pays subsahariens en or blanc (le Soudan et le fleuve Sénégal).
Nous pourrons croiser des troupeaux de chèvres, de dromadaires et de vaches venant s’abreuver à une source qui s’écoule goutte à goutte sur une plage de sable grossier mêlé de coquillages brisés et de moules. Ou encore les pêcheurs qui jettent leurs lignes et surveillent leurs filets à marée basse, tandis que les femmes des villages voisins ramassent des moules.
Enfin, derrière une colline recouverte de cactus, la crique que dominent les falaises se dévoile, où au milieu de la plage quelques barques de pêcheurs abandonnées sur le sable étalent leurs couleurs vives. Après l’effort, le réconfort : poissons frais grillés, ramenés tôt le matin par Hassan. Le pêcheur a transformé sa cabane en restaurant bohémien surplombant le golfe — en berbère, iftane signifie “enchanteur”.
Dans ce lieu semi-isolé, pratiquement seul au monde, il est temps de se baigner, se bronzer ou simplement méditer.