Jbel Lahdid est un massif montagneux qui atteint 722 mètres, formé — comme son nom l’indique — de masses ferrugineuses importantes. On y retrouve les traces d’exploitations anciennes par les Portugais, et peut-être par la colonie phénicienne de Mogador.
Peuplé d’arganiers, de thuyas, d’oléastres, de lentisque et de genêt, Jbel Lahdid offre au visiteur, du haut de ses sommets, une vue panoramique imprenable.
Sa faible altitude en fait une bonne première montagne. Nous y avons tracé des itinéraires simples et variés, en demi-journée ou en journée complète — pour ceux qui débutent comme pour ceux qui marchent depuis longtemps.
Cinquante minutes de route au nord d’Essaouira, et la marche commence au pied du massif, dans la forêt de thuya, de caroubier et d’arganier. Les sentiers montent en lacets ; la pente se laisse faire.
Au sommet, la plaine des Chiadma s’ouvre d’un coup : champs d’orge, de blé, de maïs et de légumineuses, collines qui se fondent dans le bleu, l’océan au bout. En contrebas, le village de Sidi Ouasmine — maisons de pisé et maisons neuves mêlées, autour du dôme blanc du sanctuaire.
Au retour, nous traversons les champs jusqu’à une ancienne mine de fer, exploitée puis détruite par les Portugais au moment de quitter la région. La journée se termine par une pause : pique-nique, grillades, ou tajine mijoté sur place selon la durée de la sortie.
Le moussem des Regraga visite Jbel Lahdid annuellement lors de ses 44 tours, organisé tous les mois d’avril pour rendre hommage au sanctuaire de Sidi Ouasmine, considéré comme le Sultan des Regraga.
Au sommet, le tombeau de Sidi Ali Saih — Sbaïeh le vagabond — était considéré comme un lieu de retraite et de prière pour les sept saints.
Le Jbel Lahdid, montagne sacrée des Regraga, divise le territoire des Chiadma en deux parties. Les habitants distinguent eux-mêmes le Sahel, la bande côtière à l’ouest, et le Kabla, le continent à l’est.
La répartition symétrique des sept saints est remarquable : au sommet du Jbel Lahdid, centre d’influence spirituelle du sultan Sidi Ouasmin ; trois saints au Sahel d’une part, trois au Kabla d’autre part.





